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Psychotrauma : pourquoi certaines victimes mettent des années avant de pouvoir parler

  • Photo du rédacteur: ccouturiertherapeu
    ccouturiertherapeu
  • 15 juin
  • 4 min de lecture

Sidération, dissociation, amnésie traumatique : ce que les neurosciences nous apprennent sur les mécanismes de survie du cerveau

L'actualité remet régulièrement sur le devant de la scène une question qui suscite incompréhension, débats et parfois jugements :

Pourquoi certaines victimes mettent-elles des années, voire des décennies, avant de parler ?

Derrière cette interrogation se cache souvent une méconnaissance du psychotrauma et des mécanismes de survie que notre cerveau met en place lorsqu'il est confronté à une situation de peur, de domination, de violence ou d'impuissance.

Aujourd'hui, les neurosciences et la psychologie du trauma nous permettent de mieux comprendre pourquoi certaines réactions peuvent sembler surprenantes alors qu'elles sont parfaitement cohérentes du point de vue du fonctionnement du système nerveux.

Le psychotrauma : quand le cerveau privilégie la survie

Face à une menace, nous imaginons souvent que deux réactions sont possibles : combattre ou fuir.

Pourtant, les recherches en psychotraumatologie ont mis en évidence une troisième réponse automatique du système nerveux : la sidération traumatique, parfois appelée "freeze".

Lorsque le cerveau estime qu'il n'existe ni possibilité de fuite ni possibilité de défense efficace, il peut déclencher une immobilisation involontaire.

La personne est consciente de ce qui se passe mais se retrouve incapable d'agir, de parler ou de réagir comme elle l'aurait souhaité.

Cette réaction n'est ni un choix, ni une faiblesse, ni une forme de consentement.

Il s'agit d'un mécanisme de survie profondément inscrit dans notre biologie.

La dissociation traumatique : être présent sans être vraiment là

Lors d'un événement traumatique, certaines personnes décrivent une sensation étrange : l'impression d'observer la scène de l'extérieur ou de ne plus être totalement connectées à elles-mêmes.

C'est ce que l'on appelle la dissociation traumatique.

Face à une souffrance psychique trop intense, le cerveau met temporairement à distance certaines émotions, sensations ou perceptions afin de protéger la personne.

Cette déconnexion permet parfois de traverser l'événement sur le moment, mais elle peut ensuite rendre difficile la compréhension de ce qui a été vécu.

L'amnésie traumatique : quand la mémoire ne fonctionne plus normalement

Contrairement à une idée largement répandue, un événement traumatique n'est pas toujours enregistré dans la mémoire de manière claire et chronologique.

Lorsqu'une situation dépasse les capacités habituelles de traitement du cerveau, les souvenirs peuvent devenir :

  • fragmentés ;

  • incomplets ;

  • confus ;

  • difficilement accessibles.

C'est ce que l'on appelle parfois l'amnésie traumatique.

Certaines personnes gardent le souvenir précis de détails apparemment anodins tout en ayant du mal à accéder à certains aspects de l'événement.

Dans certains cas, des souvenirs peuvent réapparaître progressivement au fil du temps, lorsque le cerveau se sent suffisamment en sécurité pour les traiter.

Pourquoi certaines victimes parlent-elles longtemps après les faits ?

La question souvent posée est :

« Pourquoi a-t-elle attendu si longtemps pour parler ? »

Mais les connaissances actuelles sur le psychotrauma invitent à reformuler cette interrogation :

« Pourquoi lui a-t-il fallu autant de temps pour pouvoir parler de ce qu'elle avait vécu ? »

Certaines victimes savent immédiatement qu'elles ont subi une violence mais se trouvent incapables d'en parler.

D'autres ont besoin de temps pour comprendre ce qui leur est arrivé.

D'autres encore ne réalisent pleinement la nature traumatique de leur expérience qu'après plusieurs années, parfois à l'occasion d'un événement de vie, d'un accompagnement thérapeutique ou de l'apparition de symptômes persistants.

Le silence n'est donc pas nécessairement synonyme d'absence de souffrance.

Il peut être l'une des conséquences directes du psychotrauma.

L'impact des rapports de pouvoir sur le consentement

Les situations impliquant une personne admirée, influente ou investie d'une forme d'autorité soulèvent également des questions importantes.

L'admiration, la dépendance, la peur des conséquences, le besoin de reconnaissance ou le sentiment d'infériorité peuvent influencer la capacité d'une personne à exprimer librement son refus.

Cela ne signifie pas que tout consentement devient impossible.

Mais cela rappelle que les mécanismes psychologiques et relationnels jouent un rôle majeur dans certaines situations.

Comprendre cette réalité permet de dépasser les jugements simplistes et de mieux appréhender la complexité des comportements humains.

À retenir

✔️ La sidération traumatique est une réaction automatique du système nerveux.

✔️ Une personne traumatisée peut être incapable de fuir, de se défendre ou de parler malgré sa volonté.

✔️ La dissociation traumatique constitue un mécanisme de protection face à une souffrance psychique intense.

✔️ L'amnésie traumatique peut perturber durablement l'accès aux souvenirs.

✔️ Le délai avant la révélation d'un traumatisme est souvent lié aux mécanismes neurobiologiques de survie.

✔️ Les connaissances actuelles en psychotraumatologie permettent de mieux comprendre les réactions des victimes et d'éviter de nombreux jugements erronés.

Mieux comprendre le psychotrauma pour avancer

Les avancées des neurosciences nous invitent à porter un regard différent sur les conséquences du traumatisme psychologique.

La sidération, la dissociation et les perturbations de la mémoire ne sont pas des anomalies.

Elles constituent des réponses de survie élaborées par le cerveau pour faire face à l'insupportable.

Mieux comprendre ces mécanismes permet souvent aux personnes concernées de donner du sens à leurs réactions et d'entamer un processus de reconstruction plus apaisé.

Besoin d'être accompagné(e) ?

Vous vous reconnaissez dans certains mécanismes décrits dans cet article ?

Vous avez vécu un événement difficile ou ressentez encore les conséquences d'un traumatisme ancien ?

Je vous accompagne dans un cadre bienveillant et respectueux de votre rythme, afin de vous aider à comprendre ce que vous traversez et à mobiliser vos ressources de guérison.

Catherine CouturierThérapeute et médiatrice en Vendée

Formée aux thérapies solutionnistes et à la méthode MOSAIC® unique en Vendée, spécialisée dans l'accompagnement du psychotrauma, des blessures émotionnelles et des événements de vie difficiles.

📍 Consultations en Vendée, en visio et accompagnement personnalisé.

👉 Pour toute demande d'information ou prise de rendez-vous, contactez-moi via le formulaire de contact du site.


Psychotrauma : représentation symbolique de la mémoire traumatique, de la dissociation et de la reconstruction psychologique.
Psychotrauma, mémoire traumatique et mécanismes de survie du cerveau face à un événement traumatique.

Article de blog sur le psychotrauma, la sidération traumatique, la dissociation et l'amnésie traumatique. Cet article explique pourquoi certaines victimes mettent parfois des années avant de pouvoir parler d'un événement traumatique. Il s'appuie sur les connaissances actuelles en neurosciences et en psychologie du trauma pour mieux comprendre les mécanismes de survie du cerveau. Rédigé par Catherine Couturier, thérapeute de l'individu, du couple, de la famille, médiatrice familiale DE en Vendée, formée à la méthode MOSAIC®, spécialisée dans l'accompagnement des traumatismes psychologiques et des blessures émotionnelles.

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